La géolocalisation : un outil de protection ou de surveillance ?

Smartphone 'Big Brother?'
Smartphone 'Big Brother?'

La révélation de la gigantesque affaire d’espionnage de la NSA fait frissonner et a contribué à cristalliser les craintes de la généralisation d’une société de surveillance, ainsi que l’attestent les propos de Zygmunt Bauman dans le présent numéro. Cette crainte diffuse met sous le feu des projecteurs les dispositifs de traçabilité des personnes, à l’instar de la géolocalisation.

Les applications et finalités de la géolocalisation sont variées, allant de l’assistance à la navigation, à la mise en relation des personnes, mais aussi à la gestion en temps réel des moyens en personnel et en véhicules des entreprises. De nouvelles possibilités sont régulièrement développées, telles que l’enregistrement des données pour apporter la preuve de la réalisation de certaines prestations.

La Commission Nationales de l’Informatique et des Libertés (CNIL), dans son dernier rapport annuel, a constaté « l’essor sans précédent »des systèmes de surveillance des salariés et indique avoir enregistré près de 5 500 déclarations concernant des dispositifs de géolocalisation en entreprise en 2012, soit une augmentation de 22,3 % par rapport à 2011.

Cette croissance exponentielle s’explique avant tout par l’accessibilité incessante des technologies de géolocalisation. Celle-ci se fait désormais sur les mobiles avec le consentement de l’utilisateur, par le biais de réseaux sociaux dont l’essor n’est plus à démontrer mais sur lesquels il est de plus en plus difficile de déterminer la frontière entre vie privée et professionnelle. 

Les dispositifs de géolocalisation se généralisent avec les boîtiers GPS, badges et applications sur smartphone et permettent de localiser à tout moment des individus, autant de moyens de surveillance susceptibles de rassembler des preuves devant cependant être juridiquement règlementés. La géolocalisation permet ainsi de retrouver des traces de comportements fautifs voire constitutifs d’infractions.

Géolocalisation et entreprises

Ces dispositifs technologiques ont rapidement su trouver leur place et leur utilité au sein des entreprises. Ils permettent « aux employeurs privés ou publics de prendre connaissance de la position géographique, à un instant donné ou en continu par la localisation, d’objets dont ils ont l’usage (badge, téléphone mobile) ou des véhicules qui leurs sont confiés ». Cette technique dans le sens d’une véritable « géosécurisation » peut être utile pour la préservation de la santé et de la sécurité..

Conclusion et perspectives

La géolocalisation et sa mise en œuvre, par les polémiques qu’elles suscitent, sont ainsi au cœur d’enjeux portant sur le niveau de confiance des citoyens et des entreprises dans l’environnement numérique. La faute, peut-être, à un défaut de sensibilisation aux outils numériques et à un manque de formation en la matière.

La recherche d’un équilibre entre protection de la vie privée, sécurité et contrôle est essentielle afin de garantir le maintien d’une société démocratique car la géolocalisation doit avoir un cadre juridique précis tout comme les autres moyens d’investigation. Il est important que les services régaliens ne désarment pas face à une délinquance de plus en plus organisée et puissent recueillir des preuves numériques par le biais de la géolocalisation. Il reste désormais à encadrer les conditions d’usage de cet outil de surveillance en temps réel tout en assurant la protection des données personnelles des citoyens.

Source: La géolocalisation : un outil de protection ou de surveillance ? Myriam Quéméner

4 Commentaires

  1. Un agent frontalier veut fouiller votre téléphone, que faire?

    Un douanier peut fouiller le téléphone d’une personne s’il la soupçonne d’avoir des marchandises prohibées telles que de la pédopornographie ou de la propagande haineuse, alors qu’un agent du service d’immigration le fera s’il a des raisons de croire que l’identité déclarée n’est pas la bonne ou que la personne cache des documents relatifs à son statut d’immigration au Canada.

    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1115897/manuel-guide-douane-immigration-droit-fouille-telephone-ordinateur-profilage-astuce-canada

  2. Mobilités surveillées : rôles et responsabilités des développeurs d’applications smartphone

    Cet article avance que les applications géolocalisées pour smartphone constituent d’utiles ressources dans un processus de mobilité, mais qu’elles présentent également certains risques pour l’utilisateur. En recourant à ce service, l’utilisateur court le risque d’exposer ses données personnelles à des tiers, ainsi que d’être profilé et trié sans négociation possible par le logiciel.
    https://journals.openedition.org/eps/5293

  3. Les soldats américains trahis par leurs smartphones

    Les troupes américaines peuvent être géolocalisées grâce aux données issues des téléphones des soldats en mission, récoltées et revendues par diverses entreprises, révèle le Wall Street Journal dans une longue enquête. Une faille dans la sécurité de l’armée qui préoccupe de plus en plus les autorités américaines.

    https://tinyurl.com/2ympfx9t

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